On pense souvent, à tort, que le folk est une musique traditionnelle. A son meilleur, il s’agit plutôt d’une musique qui dépasse la tradition pour toucher à l’humanité-même. Le chant des hommes (et des femmes) comme le chant des baleines : quelque chose de si élémentaire et authentique qu’on ne peut ni le dater dans le temps ni le placer dans l’espace.
Alela Diane, c’était ça à la toute première écoute au début des années 2000 : la sidération de la découverte, mais une découverte de quelque chose qui avait toujours été là. Le morceau s’intitulait The Pirate’s Gospel, l’évangile du Pirate, mais la pirate c’était elle, coiffée telle une squaw indienne, sa musique ressemblait à celle d’un shaman ou d’une prêtresse antique.
Depuis, elle a su construire une carrière de singer-songwriter californienne élégante et introspective, mais sans jamais perdre cette capacité unique à se faire le vaisseau de quelque chose qui la dépasse et qu’elle transmet chaque soir jusqu’à nous, son public.