Date unique en France !
Jesse Sykes, c’est d’abord une voix, entre feulement et possession. C’est ensuite un physique tout aussi impérieux, beauté classique aux longs cheveux noirs, entre peinture de la renaissance et noblesse hippie. C’est enfin le dialogue avec « The Sweet Hereafter », nom de groupe qui désigne essentiellement son guitariste, arrangeur et partenaire artistique Phil Wandscher, musicien stupéfiant de retenue funambule, qui sait l’écouter et lui répondre, l’accompagner et la soutenir, telle une âme damnée prête à tout pour sa maîtresse.
Ce dialogue-là envoûtant, magique, on a pu craindre l’avoir perdu, pendant les presque quinze ans de silence qui ont précédé Forever, I’ve Been Being Born, disque du retour qui a prouvé que son pouvoir d’ensorcellement – ce que l’on pourrait appeler son charme – était heureusement intact. Avec eux, chaque concert est à la fois une conversation et une célébration, une prière à deux, un moment intime et sacré, où voix, guitare et chansons deviennent atmosphère, à la fois hantée et presque tactile, nous emportant dans un vertige twang opiacé qui aurait ravi David Lynch.